Symbolique des pierres tombales

sépulture - sculpture - ange - art funéraire

Au XIXe siècle, l’art funéraire atteint son apogée. Il est alors courant d’agrémenter sa sépulture de représentations architecturales et d’ornements en pierre ou en fonte. Si certains parmi ces derniers présentent un aspect purement esthétique, d’autres révèlent une symbolique plus profonde.

Raconter le défunt

De même que l’épitaphe, les symboles peuvent retracer la vie du défunt. Ils contribuent en effet à mettre en valeur son métier ou ses qualités.

Son métier

De nombreux symboles sont associés à différents corps de métier. Parmi ces derniers, on retrouve :

  • la lyre : c’est l’emblème de sainte Cécile, la patronne des musiciens. Ses représentants ont donc souvent des lyres sur leur sépulture ;
  • le bâton d’Asclépios : il orne les tombes des médecins et pharmaciens et est constitué d’un serpent enroulé autour d’un bâton ;
  • le compas et l’équerre : ils représentent les architectes, les sculpteurs, les enseignants mais aussi les francs-maçons ;
  • l’encrier : il est utilisé pour signaler les tombes des auteurs et des compositeurs ;
  • l’ancre : elle identifie les sépultures des marins. C’est aussi un symbole d’espérance ;
  • le marteau : s’il est tenu par un saint, il s’agit de saint Éloi, patron des métiers de la métallurgie (du forgeron au quincaillier) ;
  • l’épée, le casque militaire et la palme : ce sont des éléments typiques des monuments aux morts.

Ses qualités

On retrouve des symboles pouvant représenter les vertus du défunt. Parfois, ce sont les mêmes que ceux qui sont associés à des métiers.

Ainsi, le compas est associé à la sagesse et l’équerre à la raison. La colombe et le lys symbolisent la pureté, ils sont souvent utilisés pour orner les tombes de jeunes enfants.

Le saviez-vous ?

L’ancre, la croix et le coeur sont des symboles chrétiens très importants. Ils sont associés aux vertus dites « théologales » : l’espérance, la foi et la charité.

Illustrer l’après-vie

Il n’est pas rare de rencontrer des symboles représentant la mort de façon explicite ou figurée. Parfois, cela contribue à accompagner le défunt, le protéger ou encore faciliter son élévation.

Accompagner le défunt dans la mort

Les mains entrelacées signifient que le couple n’est pas brisé par la mort : l’amour et la fidélité perdurent malgré les circonstances.

La colombe et la flamme guident l’âme du défunt au Paradis. Ce sont des messagères divines. Lorsque la flamme est représentée dans une lanterne, elle symbolise l’âme, et la lanterne est alors le corps du défunt.

La flamme peut aussi incarner la transmission et la mémoire. Il n’est donc pas surprenant que ce soit elle qui surplombe la tombe du Soldat inconnu.

L’ange gardien protège le défunt, en particulier les enfants. Son visage, parfois caché ou en pleurs, reflète la profondeur du chagrin des proches.

Parfois, l’accent est plutôt mis sur le repos du défunt. Dans ce cas, la tombe devient un lit funéraire orné de coussins. Le coussin de fleurs est d’ailleurs une composition florale très prisée pour des funérailles.

Préparer son jugement

Les clés sont liées à la mort depuis l’Antiquité. C’étaient en effet les attributs de Pluton, dieu romain des Enfers et de Janus, dieu du passage. Dans la religion chrétienne, les clefs sont détenues par saint Pierre, gardien des portes du Paradis.

La balance a également une origine très ancienne : dans la mythologie égyptienne, elle est utilisée par le dieu Anubis pour juger l’âme des morts. Elle est le symbole d’une justice équitable.

La couronne mortuaire est très représentée. Sa forme circulaire l’associe à l’éternité : elle devient ainsi symbole de vie éternelle. Dans la religion chrétienne, elle est aussi associée à la couronne christique. Selon les végétaux qui peuvent l’orner, elle peut symboliser la gloire (laurier), le sommeil (pavot) ou la renaissance (blé).

Les abréviations les plus courantes

Les tombes catholiques font apparaître un certain nombre d’abréviations qui ont également une charge symbolique importante. Parmi les plus courantes, on trouve :

  • INRI : « Iesus Nazarenus Rex Judaeorum » (Jésus de Nazareth, Roi des Juifs)

Cet acronyme est étroitement associé à la croix chrétienne, car il était gravé sur celle que portait le Christ.

  • AO :

Ces deux lettres incarnent l’Alphe et l’Oméga. Il s’agit de la première et de la dernière lettre de l’alphabet grec. Elles sont donc respectivement associées à la naissance (ou commencement) et à la mort (ou fin). Ensemble, elles incarnent l’éternité.

  • RIP : Requiesca(n)t in Pace

Locution latine issue de l’Office des morts, elle signifie Qu’il(s) repose(nt) en paix. On note par ailleurs que les versions italienne (Riposi In Pace) et anglaise (Rest in Peace) de cette expression conservent les mêmes initiales.

 

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