Rite funéraire chez les Bamilékés

Les chefs des troupes de danse se mettent d'accord sur l'ordre de passage puis elles animent tour à tour la journée.

Il existe 280 ethnies au Cameroun. Les Bamilékés sont l’une d’entre elles, la plus grande du pays. La mort a une place très importante dans cette tribu. Comme dans beaucoup de tribus africaines, chez les Bamilékés, les vivants gardent des liens très étroits avec les morts. Ce sont des traditions ancrées dans la culture de l’ethnie. Pour eux, elles garantissent la cohésion, l’ordre social et même, la survie du groupe.

Le rituel funéraire chez les Bamilékés

Les rituels funéraires sont pour les Bamilékés une façon de considérer l’existence d’un autre monde, celui des morts, qui interagit également sur le monde des vivants. Il est donc important de les conserver pour garantir le bien-être de la tribu.

Les funérailles

Les funérailles sont un moment de convivialité où tout le village se déplace et rend hommage au défunt afin qu’il les protège une fois dans l’au-delà. Après plusieurs jours de veillée funèbre pour que l’âme du défunt puisse passer dans l’autre monde le plus rapidement possible, arrive l’étape de l’enterrement.

Le corps est inhumé à proximité du village. Ensuite, en l’honneur du défunt, pour donner à son âme toutes les ondes positives possibles et pour chasser les mauvais esprits, les habitants dansent. Plusieurs troupes viennent costumées pour animer la journée de deuil.

Les chefs des troupes de danse Bamilékés se mettent d'accord sur l'ordre de passage puis animent tour à tour la journée.

Les proches sont vêtus de leurs tenues les plus festives. Des symboles sont obligatoirement présents pendant des funérailles, notamment des plumes de volaille et une véritable queue de cheval, qui montrent la bravoure du peuple Bamiléké.

Le saviez-vous ?

Durant les confrontations entre le premier roi Baleng et les Peuls, il était très difficile de désarmer un cavalier. Le roi a donc décidé de décerner un titre à toute personne revenant avec la queue d’un cheval en signe de victoire. C’est depuis un signe de bravoure et une décoration.

La conservation du crâne

Quelques mois, voire années plus tard, les Bamilékés réouvrent la tombe du défunt pour déterrer son crâne. C’est via ce dernier que les vivants pourront ensuite entrer en contact avec lui. Ils passent également par des objets ayant longtemps appartenu au défunt car ils sont alors imprégnés de son essence spirituelle.

Le crâne doit donc être récupéré puis déposé dans une calebasse en terre cuite. Il est ensuite induit d’huile de palme puis recouvert de feuilles issues de « l’arbre de paix. ». C’est une relique sacrée qui sera placée sous la surveillance de l’héritier légitime.

Autour de la mort

La vénération des morts

La mort n’est pas la négation de la vie, mais une simple mutation pour le peuple Bamilékés. Le corps se divise en deux, d’un côté la chair, le matériau qui va se désintégrer, de l’autre l’âme ou l’esprit qui restent éternellement.

Le corps n’est donc plus matériel mais continue d’exister sous la forme de forces spirituelles qui interagissent avec les vivants.

En effet, les ancêtres ont un pouvoir particulier. Selon les Bamilékés, les morts sont les intermédiaires entre Dieu et les vivants. Ils peuvent donc influencer le monde divin et agir sur les vivants, pour le bien-être de leurs descendants, ou encore pour les punir s’ils ne respectent pas les coutumes ou transgressent, dans leur vie quotidienne, les traditions et les interdits.

Le statut « d’ancêtres »

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout le monde n’est pas un « ancêtre ».

En effet, c’est un statut qui se mérite. Il faut atteindre un certain degré de sagesse durant sa vie pour avoir l’honneur de l’acquérir. Cela passe notamment par le respect des obligations traditionnelles et des coutumes des Bamilékés ou encore le fait d’avoir laissé un héritier.

Ces conditions ne sont pas respectées par tout le monde. Par exemple, les fous, les célibataires ou encore les personnes qui décèdent d’une mauvaise mort (suicide, accident, etc.) sont exclus d’office. Ils n’auront donc jamais l’honneur de recevoir un culte …
 

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