Les rites funéraires dans la Rome Antique

La nécropole est le lieu où sont enterrés les défunts. Elles se trouvent toujours en dehors de la ville. pour séparer les morts des vivants.

Comme les Grecs, les Romains accordent une place très importante aux rites funéraires. Ils permettent, selon eux, de rendre inoffensif le défunt et de le faire accéder à une vie après la mort. Leur bon déroulement est donc essentiel.

Rites funéraires selon le statut social

La Rome Antique est une civilisation très hiérarchisée. La classe sociale à laquelle on appartient entraîne donc des différences jusque dans les rites funéraires.

Les esclaves

A cette époque, l’esclave est juridiquement une chose, un objet. Sa mort n’entraîne donc aucun rite funéraire particulier. La plupart du temps, la famille s’en débarrassait en jetant le corps dans une fosse commune, sans aucune cérémonie.

Les plébéiens

La Plèbe est la classe sociale romaine la plus nombreuse. Elle représente le peuple, les citoyens romains.

Traditionnellement, les corps de ces défunts étaient exposés pendant une journée avant d’être incinérés en petit comité, avec leur famille. Pendant ce temps, le fils ou le plus proche parent embrassait le mort afin de recueillir son dernier soupir. Ensuite est pratiquée la conclamatio, c’est à dire l’invocation du défunt à trois reprises. Puis le corps était lavé et déposé sur un lit funéraire dans l’atrium, la pièce principale de la maison romaine, ouverte à tous. On glissait une pièce de monnaie dans la bouche du défunt. Celle-ci était destinée à Charon, l’homme qui selon le mythe faisait passer leurs ombres à travers le fleuve des Enfers, le Styx.

Après ce temps d’exposition, le corps était prêt pour rejoindre la nécropole, ville des morts, toujours située à l’extérieur des remparts. Pendant la crémation, la famille déclarait un panégyrique et lançait des offrandes comme de la nourriture, du parfum, des objets personnels, etc. Les restes étaient ensuite placés dans une urne funéraire. Pendant plusieurs mois, la famille se devait de porter le deuil.

Le saviez-vous ?

La loi des Douze Tables, écrite entre 451 et 549 av. J.C., est le premier corpus de lois romaines écrites. Elle fonde le Droit écrit. L’une des douze Tables réglemente les rites funéraires.

Les Patriciens

Les Patriciens sont les Romains qui, de part leur naissance, appartiennent à la classe sociale la plus élevée. Ils exercent un rôle politique ou religieux, ce qui leur donne des privilèges même dans les rites funèbres. Ils seront ainsi effectués de manière plus élégante.

Tout d’abord, leur corps était exposé au public pendant plusieurs jours, le temps pour la plèbe de faire son deuil. Le cortège amenant le corps de la maison au Forum, c’est-à-dire la place publique, se composait de danseurs, musiciens, pleureuses etc. Ces dernières étaient payées pour feindre la tristesse et la douleur afin de donner de l’importance au défunt. Arrivé au forum, on prononçait l‘éloge funèbre, la laudatio funebris et on mettait en évidence les portraits des ancêtres pour montrer la grandeur et l’ancienneté de la famille. L’incinération pouvait ensuite se passer dans un champ près des tombeaux privés. Pour montrer sa richesse, les cendres du défunt devaient être une fine poussière blanche dénuée de tous morceaux d’os.

Le saviez-vous ?

Au IVème siècle ap. J.C., le catholicisme est devenu la religion officielle de l’Empire romain. Tous ces rites funéraires associés à la religion romaine ont donc peu à peu disparu.

Les funérailles impériales

C’est pendant l’Empire, de -27 à 476 ap. J.C., que se sont mis en place des rites funéraires grandioses pour les empereurs et les membres de leur famille. Un décès impérial entraînait un véritable événement à Rome. Toutes les personnes appartenant à la haute société, notamment les sénateurs et les magistrats, formaient le cortège. Suivaient ensuite les soldats, les pleureuses, les danseurs, les musiciens puis les esclaves qui portaient les étendards et autres symboles pris aux ennemis.

Le Sénat romain pouvait accorder aux bons empereurs l’Apothéose,  le rite le plus honorifique, qui faisait de l’empereur un dieu. A contrario, pour les mauvais empereurs comme Néron par exemple, le Sénat pouvait opter pour la damnatio memoriae, c’est-à-dire que tout était fait pour oublier cet empereur : retrait de toutes les effigies, annulation des ses honneurs, etc.

Après l’incinération, neuf jours de deuils publics étaient déclarés.

 

Ces traditions étaient essentielles dans la Rome Antique. Chacun connaissait sa position sociale et était respectueux de ce qu’elle imposait. Les rites religieux et funéraires ont commencé à apparaître à la création de Rome en -753. Ils ont peu à peu disparu avec l’arrivée du catholicisme au IIIème siècle ap. J.C.

 

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