Le rite funéraire du peuple Dogon

Le peuple Dogon a de nombreuses traditions, notamment ces danses masquées.

Les Dogons sont un peuple vivant sur un plateau rocailleux du Mali, au centre-ouest du pays. Comme souvent dans les peuples africains, les habitants ont une culture qui leur est propre. Ils ont de nombreuses traditions à respecter, notamment lors d’un décès.

Le rite funéraire dogon : trois étapes essentielles

Les Dogons attirent et intriguent grâce à leur richesse culturelle. Leur région, appelée « pays Dogon » est le premier lieu touristique du Mali, notamment grâce à l’impressionnante falaise Bandiagara, reconnue Patrimoine mondial de L’UNESCO.

L’enterrement

Le défunt est très rapidement enterré après sa mort. Avant cela, le rituel funéraire impose une toilette. C’est le père, l’oncle, le frère ou le fils qui se charge de cette mission. Il y a une condition pour avoir le droit de l’effectuer : connaître la langue secrète du village, le Sigui so. Pendant cette toilette, le corps est entièrement nettoyé avant d’être emmailloté dans une couverture mortuaire, comme une momie.

Ensuite, chaque membre de la famille du défunt vient pardonner et demander pardon pour tous les conflits qu’il y a pu avoir entre eux. Puis le corps est transporté jusqu’à la maison du Hogon, le chef religieux. Cet homme, souvent l’un des plus âgés du village, donne au mort sa bénédiction. A ce moment, la veuve vide une calebasse d’eau sur son mari. Quand le récipient est vide, cela symbolise qu’il n’y a plus d’eau disponible pour lui, c’est donc la fin de sa contribution au village. L’étape suivante est de l’amener sur la falaise qui borde le village. Elle sert de cimetière car elle cache de nombreuses grottes. Une fois le corps hissé en haut de cette falaise, les hommes récupèrent le linceul. C’est la fin de l’enterrement. Jusque-là, l’âme du défunt est encore dans le village selon les Dogons.

Le saviez-vous ?

Quand une femme enceinte décède, elle est enterrée en cachette, sans funérailles car le peuple est trop triste pour supporter un tel malheur.

Les funérailles

Des jours voire des mois après l’enterrement vient la deuxième étape du rituel funéraire, les funérailles. La famille et les proches rendent hommage au défunt pour faire leur deuil. S’enchaînent alors différentes activités : le nettoyage des couvertures mortuaires, le mime de certains épisodes de la vie des défunts, les combats fictifs ou encore les sacrifices d’animaux. Le but est que l’âme quitte la maison familiale. Dès lors, elle n’est plus dans le village mais elle continue d’errer dans les alentours.

Le Dama

Cette période, qui peut durer jusqu’à trois jours, marque la fin du deuil. Elle est célébrée tous les 3 à 5 ans pour tous les morts de ces années. En langue dagon, le terme « dama » signifie « interdit ». La cérémonie de la Dama lève donc tous les interdits liés au deuil.

Ce sont les membres de la Société des Masques ou Société Awa qui dirigent la fête. Ce sont uniquement des hommes circoncis. Ils se baladent dans les lieux sacrés du village, ils défilent et dansent avec leurs fameux masques (voir illustration). Le but est de guider l’âme des défunts vers le pays des ancêtres. En se cachant, les hommes ne prennent pas le risque d’être reconnus par les mauvais esprits. Le masque est une sorte de protection. Il sert également à impressionner les âmes dans le but de les chasser. Cette dernière étape festive conclut le rituel funéraire. Les morts ne font alors définitivement plus partie du village.

 
 

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