Le rite funéraire chez les Torajas

Des représentations d'ancêtres veillent sur les tombes.

Les Torajas vivent en Sulawesi du Sud, une province montagneuse d’Indonésie. Dans ce peuple, trois religions cohabitent, le christianisme, l’islam et l’animisme. Elles se rejoignent dans les traditions funéraires, très spécifiques à l’ethnie.

Les Torajas et la préparation des funérailles

L’organisation

Pour des funérailles, toute la famille, les amis et le voisinage sont conviés. Plus il y a de monde, plus la célébration est considérée comme grandiose. Il leur faut donc du temps pour s’organiser et récolter l’argent nécessaire pour acheter les animaux à sacrifier.

Les Torajas ont trouvé la solution. Ils célèbrent les funérailles non pas 2 ou 3 jours après le décès comme cela se fait généralement, mais plusieurs jours, mois, voire années plus tard. C’est généralement entre juin et septembre, lors de la saison sèche, que les cérémonies sont organisées.

Vivre avec les morts

En attendant le jour J, le corps est embaumé avec du méthanal pour garantir sa conservation. Pendant ce temps, les habitants continuent à vivre avec le défunt. Ils l’habillent, lui donnent à manger, prient avec lui, lui parlent, etc. comme s’il était encore vivant.

En effet, tant que les funérailles n’ont pas eu lieu, le défunt n’est pas considéré comme un mort mais comme un malade. Il a donc toujours sa place dans le monde des vivants.

Le rite funéraire toraja

Les célébrations

Il est conseillé de venir à des funérailles avec un présent : des aliments, du sucre, du café ou bien des animaux à sacrifier comme des cochons ou des buffles. Il n’est pas étonnant de sacrifier une dizaine de buffles pour un enterrement, voire une centaine si la famille est riche. Les Torajas vénèrent ces bovins, surtout s’ils sont albinos. Dans ce cas, ce présent peut vous coûter jusqu’à 20 000 euros.

En effet, selon la tradition, le buffle fait le lien entre le monde terrestre et le monde céleste, ce qui explique son importance. Plus il y a de buffles sacrifiés, plus l’âme du défunt montera haut dans l’au-delà. Une fois les offrandes sacrifiées, chaque convive repart avec une partie d’animal. Les enfants récupèrent les sabots pour en faire des jouets.

Pendant la journée, alors que certains dépouillent les animaux, d’autres vont tour à tour se recueillir et rendre hommage au défunt placé devant la maison familiale, dans une structure construite pour l’occasion.

Les convives enchaînent danses, processions, sacrifices et chants pour honorer le mort. L’ambiance est à la fête. Pour que les funérailles soient réussies, il faut que le peuple en parle encore longtemps après sa fin. Il n’est pas rare que la famille du défunt s’endette à vie pour réussir cela.

Le saviez-vous ?

Ce sont les hommes et non les buffles qui tirent les charrues ! Les buffles sont bien trop précieux pour risquer de les affaiblir.

La mise au tombeau

Seuls les hommes sont autorisés à participer au cortège funéraire qui amène le corps du défunt jusqu’au caveau familial. Les femmes et les enfants doivent rester au village. Le corps est amené jusqu’à la falaise dans laquelle sont encastrées les tombes. Il est ensuite hissé jusqu’à la grotte où il reposera. Un balcon a été construit le long de la falaise pour y installer des représentations des ancêtres qui veillent sur les caveaux.

Le rituel Ma’nene

Régulièrement, la famille retourne chercher le cercueil du défunt et le redescend jusqu’au village. C’est pourquoi les cadavres ne sont pas enterrés mais seulement placés dans des grottes. Pendant ce rituel, le corps est nettoyé et les vêtements sont changés. Le cercueil est lui aussi remis à neuf.

Toutes ces traditions peuvent paraître étonnantes pour des Occidentaux. Elles sont pourtant essentielles dans beaucoup de pays dont l’Indonésie. Pour les Torajas, les funérailles sont un événement plus important qu’une naissance ou un mariage.

 

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