Le rite funéraire chez les Fali

Le peuple Fali a un rituel funéraire bien particulier.

Les Fali sont un peuple vivant au nord du Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria. Les membres sont éparpillés par groupes sur 2500 km². Il existe donc plusieurs Fali : les Fali du Tigali, les Fali Kigni, ceux du Bori-Peske, etc. Ils sont cependant tous unis par leurs traditions, comme le rite funéraire.

Les Fali et leur rite funéraire

L’annonce de la mort

Lorsque quelqu’un décède dans un peuple Fali, l’annonce de sa mort varie en fonction du village auquel il appartenait. Dans certain, on sonne un coup de corne de bœuf pendant que les femmes et les enfants crient et pleurent pour prévenir du malheur qui s’abat sur le village. Dans d’autres villages, on se contente de souffler dans une corne d’antilope ou de faire le tour des habitants en se plaignant.

Les voisins et connaissances viennent montrer leur soutien en s’habillant de leurs plus beaux pagnes et en se parant de toutes sortes de bijoux. Les hommes vont même jusqu’à se teindre les cheveux en rouge grâce à de l’huile et de la terre. Chacun passe ensuite rendre visite à la famille en leur disant « Dieu l’a pris ».

Les femmes proches du défunt, elles, se lamentent et pleurent pour exprimer leur tristesse. Dans certains village elles doivent même se raser entièrement la tête. Dans d’autres, seule la partie droite suffit.

Le saviez-vous ?

Il n’y a pas de Pleureuses chez les Fali, contrairement à beaucoup d’autres rites, dont les rites funéraires romains.

L’enterrement

Avant d’être mis en terre, le corps est nettoyé à l’eau chaude. Il est ensuite assis puis recouvert de bandelettes de coton offertes par les habitants et de lanières de peaux d’animaux sacrifiés pour l’occasion. Sa tête est elle aussi entourée de dépouilles d’animal. Le défunt est dès lors prêt à être enterré dans un caveau.

Pendant 3 ans pour les hommes et 4 pour les femmes, le corps se décomposera. Après ce laps de temps, les habitants retournent chercher le crâne du défunt dans sa tombe. Il est alors nettoyé et enfermé dans une poterie qu’un homme de sa famille ira cacher. Le reste du corps reste dans le caveau. Les cendres sont donc séparées. Ce rite ne pourrait pas être respecté en France car la loi interdit la dissociation des cendres.

Pourquoi un tel scénario ?

Tous les soins apportés à la personne après sa mort ne sont pas laissés au hasard. Ils sont codifiés dans un but précis qui va au-delà de la volonté de rendre hommage. Ils servent à protéger l’âme du défunt.

Pour le Fali, une entité invisible appelée « muftum » contient l’âme et le corps. Cette union donne la vie. L’âme est elle-même composé de trois éléments : le «souffle de Dieu» dans la poitrine, la «pensée» et le «savoir», tous deux dans le crâne. Les rites funéraires protègent ces trois éléments pour ensuite accompagner l’âme dans le monde des Ancêtres afin qu’elle puisse se réincarner et ressusciter.

Au cours de sa vie, chaque individu fait un rêve érotique. Dans son imagination, il voit en fait son image quand il appartiendra au monde des morts. Après son décès, l’âme quitte son corps biologique pour rejoindre celui de son rêve. L’âme et le corps sont à nouveau réunis donc ils reforment le « muftum », source de vie.
L’exhumation du crâne marque le passage du mort au stade d’ancêtre. La pensée et le savoir pourront revenir dans le crâne quand ils en auront besoin. L’ancêtre, lui, pourra s’exprimer par l’intermédiaire d’un masque.

C’est pourquoi, le crâne a tant d’importance dans la culture Fali. Il permet de posséder le savoir et la pensée d’une personne. Il n’est donc pas rare que certains crânes de chefs ennemis soient conservés dans des lieux sacrés.

Lorsque le défunt n’est pas aux funérailles, il est substitué par un mannequin afin que sa pensée et son âme puissent loger quelque part.

 

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