Le rite funéraire au Japon

Au Japon le rite funéraire tient une grande place dans la culture.

Deux grandes religions cohabitent au Japon : le bouddhisme et le shintoïsme. Mais le rituel funèbre s’inspire principalement des traditions bouddhistes. La mort est donc vu comme le début d’une nouvelle vie puisque le défunt va se réincarner.

Le rite funéraire japonais

Le Japon est le pays du monde où les funérailles coûtent le plus cher. Une famille peut dépenser jusqu’à 2 millions de yen soit 15 000 euros, pour les plus riches. C’est pourquoi, chaque invité aide financièrement la famille. Il donne entre 5 000 et 10 000 yen selon sa relation avec le défunt, son âge et sa classe sociale.

Dans certaines villes de l’île, la crémation est obligatoire, tout d’abord pour des raisons de place mais aussi parce qu’il s’agit d’une pratique ancrée dans la tradition religieuse. De plus, l’enterrement est très mal perçu. Auparavant, seuls les condamnés à mort étaient enterrés et devaient subir la putréfaction.

Le fils aîné est en charge de l’organisation des funérailles. Il demande conseil au Temple pour savoir quel jour est le plus adapté pour les obsèques. En effet, tous les jours ne sont pas propices à cet événement. Par exemple, les jours « tomobiki‘ sont à éviter car la légende dit que les proches de la victime risquent de le suivre dans sa tombe.

Les différentes étapes du rite funéraire

Rituel post-mortem

Quelques heures après la mort, le rite funéraire commence par le Matsugo-no-mizy (« eau du dernier moment ») où la famille humidifie les lèvres du défunt avec de l’eau pour faciliter sa réincarnation. Auprès du mort, les proches placent toujours des décorations comme des bougies, de l’encens, des fleurs mais aussi une petite somme d’argent pour que le défunt puisse traverser le Sanzu-no-kawa (« le fleuve de mort ») et ainsi passer dans un autre monde. Cette pratique existe également dans le rite funéraire romain.

On place auprès du mort un chapelet bouddhiste composé de 108 perles pour les 108 karmas qui représentent les principes fondamentaux de la vie. Dans certaines familles plus traditionnelles, on dépose un couteau sur le corps inerte dans le but d’éloigner les mauvais esprits.

Attention :

Il ne faut jamais planter verticalement ses baguettes dans un bol de riz car c’est ainsi que l’on présente cette offrande dans le rite funéraire bouddhiste.

Veillée funéraire

Le lendemain du décès débute la veillée funéraire. C’est l’occasion pour tous les proches de rendre hommage au défunt et de le voir pour la dernière fois.
Durant cette étape du rite funéraire, un moine vient lire un sutra, c’est-à-dire un texte canonique de la religion bouddhiste. Puis les participants font brûler de l’encens pour obtenir l’aide des bons esprits, c’est le rituel du shôkô.

À la fin de la lecture, le cercueil est fermé, c’est la mise en bière. Cela clôture la veillée funéraire. Mais avant de rentrer chez eux, les participants se purifient pour conjurer les mauvais sorts.

Crémation

Pour respecter la tradition, la famille du défunt fait glisser le corps jusqu’à la salle de cérémonie du crématorium.
Après la crémation, les cendres sont récupérées et placées dans une urne funéraire. Les os sont minutieusement récupérés avec des baguettes en commençant par la tête jusqu’au pied pour que le défunt n’ait pas la tête en bas.
La famille garde l’urne chez elle pendant 49 jours durant lesquels elle prie pour guider l’âme du défunt vers l’au-delà.

Le saviez-vous ?

Chaque participant à la crémation reçoit un cadeau de remerciement pour avoir fait le déplacement.

Enterrement

Après les 49 jours, les cendres sont enterrées dans le caveau familial. Dans les cimetières, certains noms sont écrits en rouge sur la pierre tombale. Cela signifie qu’un membre d’un couple est décédé et que son conjoint souhaite être enterré à ses côtés. Une fois que le couple sera réuni dans le caveau, la peinture sera effacée.

 

Ces traditions sont assez célèbres grâce à un film de Yojiro Takita, Departures, qui nous plonge dans le monde des rites funéraires au japon. Ce long-métrage a reçu un Oscar en 2009.

 

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