Histoire de la crémation

Tout savoir sur la naissance de la crémation

À ses débuts en France, au XIXe siècle, la crémation touche environ 1% de la population. Aujourd’hui, cette pratique représente jusqu’à 40% des choix en matière funéraire. Présentée comme moderne et écologique, la crémation a pourtant des origines bien plus anciennes.

La crémation à travers les âges

L’intérêt de la crémation

On peut distinguer plusieurs raisons ayant incité les populations à avoir recours à la crémation :

  • Le feu purificateur :

La mort est souvent considérée comme une souillure. Faire brûler un mort est donc une façon de protéger les vivants de cette souillure. C’est aussi un moyen de purifier l’âme de son contact avec le corps, et de faciliter sa délivrance.

  • La pérennité des cendres :

Il est plus aisé de veiller sur ses ancêtres et de se transmettre leurs restes si ces derniers peuvent être conservés dans une urne. Pour les populations nomades, c’est ainsi une façon de préserver leur rapport à la mort et leur recueillement. Par ailleurs, l’absence de corps permet d’éviter les profanations des sépultures par les bêtes sauvages ou par les voleurs.

  • La gestion des épidémies :

La proximité des vivants et des morts crée de graves problèmes d’hygiène, liés à la décomposition des corps. En cas d’épidémie, la propagation croît de façon exponentielle si les défunts ne sont pas rapidement gérés. Ce fut le cas notamment lors de l‘épidémie de Peste noire. Dans ce cas, la crémation est la façon la plus hygiénique de lutter contre la maladie.

Attention :

On distingue les termes « incinération » et « crémation ». L’incinération concerne la gestion des déchets par le feu, elle ne s’applique donc pas aux défunts.

Des origines à l’expansion du christianisme

Des traces de crémation ont été attestées dès l’âge du bronze au Proche-Orient. On distingue alors la crémation primaire de la crémation secondaire. Dans le premier cas, le défunt est déposé dans une tombe et y est brûlé. Dans l’autre, le défunt est placé sur un bûcher funéraire, et ses cendres sont ensuite placées dans une urne.

En Grèce, la crémation apparaît vers le XIIe siècle avant J.-C.. Elle cohabite, comme dans la Rome Antique, avec l’inhumation sur une longue période. C’est à partir du IIe siècle que l’inhumation se généralise, à l’initiative de l’empereur Antonin le Pieux.

Dès lors en Occident, l’expansion du catholicisme, qui privilégie l’intégrité du corps du défunt, contribue à la disparition des rites crématoires. Le bûcher est alors un châtiment réservé par exemple aux hérétiques et s’associe à l’imagerie des Enfers. Il s’agit aussi d’une pratique réalisée par les populations barbares, c’est pour cette raison que Charlemagne l’interdit officiellement en 789.

En revanche, en Asie, la crémation a toujours été une pratique dominante, et ce dès le IVe millénaire avant J.-C.. Elle s’accompagne de rites funéraires particulièrement déstabilisants pour les Occidentaux, à l’image des sati, ces veuves s’immolant sur le bûcher de leur époux.

Le saviez-vous ?

De nombreux peuples d’Amazonie pratiquent l’endocannibalisme, c’est-à-dire l’ingestion des restes des morts de leurs tribus. Pour certaines d’entre elles, cette pratique passe d’abord par la crémation : ce sont les cendres qui sont consommées, via un mélange avec des boissons ou de la nourriture.

À partir du XIXe siècle

Les rituels crématoires renaissent en Occident à partir du XIXe siècle. En 1870, un maharadjah décède à Milan et est immolé sur une place publique. Cela incite les médecins de l’époque à imaginer le premier four crématoire moderne, en 1876. L’Italie a donc un rôle pionnier en matière de renouveau crématiste.

L’engouement est tel que des prêtres demandent en 1884 à être incinérés. Ce n’est pourtant qu’en 1963 que l’Église se prononce en faveur de la crémation, tout en soulignant sa préférence pour les pratiques inhumatoires.

La crémation en France

Le 15 novembre 1887 paraît une loi autorisant la liberté de choix des funérailles :

« Tout majeur ou mineur émancipé, en état de tester, peut régler les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner et le mode de sa sépulture . »

De fait, ce décret s’applique aussi bien pour l’inhumation que pour la crémation, popularisée par les sociétés crématistes en Europe.

La crémation est présentée comme une pratique funéraire égalitariste, accessible au plus grand nombre en raison de son coût moins élevé. Elle est de plus particulièrement appropriée pour des sociétés qui cherchent à se détacher des pratiques religieuses dominantes.

On assiste alors à la construction de plusieurs crématoriums, dont le premier est situé au Père-Lachaise. Il ouvre en janvier 1889, suivi par Rouen en 1899 et Marseille en 1907.

 

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