La cryogénisation

cryogénisation

La crémation et l’inhumation sont les deux seules pratiques funéraires autorisées en France. Cependant, d’autres techniques, comme la cryogénisation ou l’aquamation, remportent de plus en plus de succès.

Qu’est-ce que la cryogénisation ?

La cryogénisation, ou cryonie, est un processus de conservation des corps à une température de -196°, par une immersion dans de l’azote liquide. Il s’agit d’une variante de la cryobiologie. Depuis le XIXe siècle, on sait en effet qu’il est possible de conserver des cellules et des tissus organiques à de très basses températures pour pouvoir les réimplanter par la suite. C’est par exemple sur ce principe que se fonde la conservation d’ovocytes ou d’embryons.

En 2010, des scientifiques californiens ont réussi à réimplanter un rein de lapin conservé dans de l’azote sans séquelles pour l’animal. En 2012, ce sont des chercheurs tchèques qui sont parvenus à faire hiberner des larves de mouches drosophiles à -5°, puis à les ranimer. Non seulement l’opération a été un succès, mais les mouches se sont développées et ont pu donner naissance à de nouvelles larves. Cela ouvre de nouvelles perspectives concernant la mise en hibernation d’êtres vivants, notamment en ce qui concerne l’exploration spatiale.

Cependant, si la cryobiologie est fonctionnelle sur de petits organismes, elle est encore loin de pouvoir être appliquée à l’humain : les possibilités de réveil des cryonics (surnom des adeptes de la cryogénisation) sont donc plus qu’hypothétiques.

Attention :

Il ne faut pas confondre la cryogénisation, ou cryonie, avec la cryogénie. Ce terme désigne la science étudiant les basses températures, et couvre donc un domaine bien plus vaste que la simple cryogénisation.

Ya t-il un intérêt à se faire cryogéniser ?

L’essor de la cryogénisation doit son succès de la publication de l’universitaire Robert Ettinger intitulée La Perspective de l’Immortalité en 1962. Il y met en évidence le fait que la cryogénisation permet de conserver un corps en bon état suffisamment longtemps pour que la science ait trouvé le moyen de vaincre la mort ou la maladie. Il n’y aurait alors qu’à réveiller les dormeurs conservés dans l’azote, pour leur faire bénéficier des progrès d’une ère à la pointe de la technologie. La cryogénisation serait donc une forme d’immortalité à la portée de tous.

C’est le professeur James Bedford, décédé en 1967, qui est le premier homme à être cryogénisé. On compte aujourd’hui environ 300 personnes attendant d’être réveillées, et 2 000 adhérents sur liste d’attente.

La cryogénisation est un pari sur l’avenir, partant du principe que la mort n’est qu’un état transitoire que la science actuelle n’est pas en mesure de corriger.

Il est possible de ne faire cryogéniser que sa tête : la neuroconservation, ou « neuro », part du principe que tout ce qui fait une personnalité et une identité est stockée dans le cerveau. Dans cette optique, pourquoi s’encombrer d’un corps défaillant ? Les scientifiques du futur, capables de réveiller des personnes congelées depuis plusieurs siècles ou décennies, auront sûrement de quoi recréer un corps exempt de maladie ou de vieillesse.

Le saviez-vous ?

Le joueur de baseball Ted Williams, décédé en 2002, fait partie des cryonics : sa tête est conservée par la fondation Alcor. En revanche, les rumeurs sur la cryogénisation de Walt Disney sont infondées : après sa crémation, ses cendres ont été placées à Los Angeles.

Comment se déroule la cryogénisation ?

Pour pouvoir pratiquer la cryogénisation sur des humains, il est obligatoire que la mort clinique soit attestée officiellement et qu’un certificat de décès soit établi.

Depuis quelques années, la vitrification permet de limiter la formation de cristaux de glace dans l’organisme des patients, principaux responsables de la dégradation des tissus. Elle consiste à faire refroidir très rapidement l’eau dans laquelle est placée le corps de façon à la transformer en glace. Pour protéger l’organisme, un antigel est injecté dans les tissus, pour remplacer 60% de l’eau du corps. Après sa préparation, le patient est placé tête en bas dans une cuve d’azote liquide.

On peut noter que la neuroconservation possède un net avantage : il est plus simple de préparer une tête, et le procédé a par conséquent moins de risques d’échouer.

À savoir :

Les cryonics emploient tout un vocabulaire précis pour parler de leurs pratiques. On parle notamment de patient, et non de défunt, puisqu’ils considèrent la cryonie comme un procédé médical.

Quels tarifs pour la cryonie ?

Il existe à l’heure actuelle trois grandes organisations à but non lucratif qui prennent en charge la cryogénisation : The Cryonics Institute et Alcor Life Extension Foundation aux États-Unis et KrioRus, en Russie. Ces entreprises comptent également des annexes dans d’autres pays, où des bénévoles prennent en charge la conservation et le traitement des adhérents, avant leur transfert dans les locaux des entreprises.

Chez Cryonics, seuls les corps entiers sont conservés, alors que chez Alcor, on compte 3/4 de neuroconservations. Il faut compter 28 000$ pour la cryogénisation d’une tête, et jusqu’à 200 000$ pour un corps entier, sans garantie que la méthode débouche sur une réanimation.

Aujourd’hui, les adhérents optent pour un paiement mensuel, d’une trentaine d’euros par mois, qui leur permet d’accéder à ces pratiques.

Et en France ?

La cryogénisation en France bénéficie d’un cas de jurisprudence avec l’affaire Martinot. En 1984, Mme Martinot est placée à sa mort par son époux dans un congélateur. Ce dernier l’y rejoint à son décès en 2002.

Le fils des défunts propose aux curieux de visiter la crypte où patiente le couple, moyennant finances. Informée, la justice déclare alors que la méthode de conservation des deux corps est illégale, notamment au motif de raisons d’hygiène et de salubrité publiques. C’est le début d’un série de procès, tous défavorables à l’héritier, qui se terminent avec le dégel de M. et Mme Martinot à la suite d’un problème technique, nécessitant leur incinération.

À l’heure actuelle, aucun cas n’est venu contrevenir à la décision de la Haute Autorité : la cryonie, considérée comme un mode de sépulture, est donc toujours interdite sur le territoire français.

 

72 % des Français pensent qu’il est important de pouvoir préparer ses obsèques à l’avance.
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