Histoire du cimetière

Tout savoir sur l'article de marbrerie : le caveau funéraire

L’histoire du cimetière s’est dessinée en parallèle à l’histoire de l’humanité. D’abord isolé des vivants, puis favorisant la proximité avec les ancêtres, il est devenu progressivement un lieu de culte et de prières et un espace de recueillement.

Du champ funéraire au cimetière

Dès l’origine des pratiques d’inhumation des morts, les espaces de mise en terre ont été mis à l’écart des vivants. À la Préhistoire, les champs funéraires étaient relativement courants. Il s’agit d’un espace funéraire commun où rien ne distingue les sépultures des autres, que ce soit par des stèles ou des signes spécifiques.

Les nécropoles

Pendant l’Antiquité, on assiste à l’émergence de nécropoles, véritables cités des morts. Elles se distinguent des champs funéraires par l’intérêt porté à l’élévation d’une sépulture, comme la Vallée des Rois en Égypte.

Au Ve siècle avant J.C., la Loi des XII Tables, conçue par les Romains, commence à élaborer une réglementation funéraire. Les inhumations et crémations doivent avoir lieu en-dehors des villes : les nécropoles sont alors situées le long des routes et les corps sont enterrés dans des catacombes ou hypogées.

L’aître ou cimetière

Le christianisme va changer le rapport entretenu avec les défunts, et par conséquent les rites funéraires qui y sont associés. À partir du Moyen-Âge, les fidèles tendent à se regrouper autour des sépultures de saints, souvent dans les églises, pour bénéficier de leurs miracles et de leur protection.

Des villes s’y développent alors et le cimetière devient lieu de vie : danse, justice et commerce, y compris de la chair, font bon ménage avec les défunts. Il s’agit aussi un lieu d’asile pour les criminels et les fugitifs.

Les riches sont inhumés dans et sous les églises, les pauvres ont droit aux fosses communes à proximité des lieux saints.

Au XIIIe siècle, l’Église sacralise le cimetière en le rendant aux morts. Les activités humaines y sont interdites au profit du recueillement et de la prière.

Pendant toute cette période, le terme de cimetière désigne la sépulture individuelle : pour parler de l’espace funéraire, on lui privilégie le mot « aître ». Ce n’est qu’à partir du Xe siècle que le mot est employé dans son sens actuel, d’abord dans les textes religieux, puis par le reste de la population.

Le saviez-vous ?

Le mot cimetière vient du grec ancien « koimêtêrion », qui désigne le lieu pour dormir. De fait, il s’agit du dernier lieu de repos des chrétiens avant la Résurrection.

Les cimetières modernes

Le tournant du XVIIIe siècle

À l’époque des Lumières, les cimetières sont situés au coeur des villes. Cependant, l’augmentation démographique et les conditions d’inhumation (fosses communes saturées) créent des situations problématiques en matière d’hygiène. Les autorités tentent sans grand succès de convaincre le clergé de cesser les inhumations dans les églises et d’ouvrir de nouveaux cimetières à l’extérieur des villes.

Cependant, en 1780, une cave à proximité du cimetière des Innocents voit ses murs s’effondrer sous le poids des corps inhumés. Le cimetière est fermé quelques mois plus tard sur décret royal et les ossements sont transférés dans les catacombes. Cet incident va accélérer le processus de transfert et donne notamment naissance aux grands cimetières parisiens.

La Révolution, le Concordat (décret du 23 Prairial an XII) puis la IIIe République (1905 : séparation de l’Église et de l’État) continuent sur cette voie en émettant plusieurs règles :

  • tous les cimetières sont désormais construits hors des murs des villes,
  • leur administration passe aux mains des communes et non plus du clergé,
  • l’espace d’inhumation devient laïc et est donc ouvert à toutes les confessions,
  • les fosses communes sont interdites, au profit des carrés dits « des indigents »,
  • les cimetières sont divisés en concessions accessibles à tous.

Règlementation funéraire actuelle

À l’heure actuelle, les cimetières tels que nous les connaissons sont directement issus de cet héritage de la Révolution.

Chaque commune de plus de 2 000 habitants doit avoir un cimetière « cinq fois plus étendu que l’espace nécessaire pour y déposer le nombre présumé des morts qui peuvent y être enterrés chaque année » (article L2223-1 du Code général des collectivités territoriales). Elles doivent aussi, depuis la réforme sur le funéraire de 2008, mettre à disposition de leurs citoyens un espace de dispersion des cendres et un columbarium.

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